Nos recherches
Le syndrome VEXAS
Le syndrome VEXAS est une maladie inflammatoire sévère de l'adulte, le plus souvent de l'homme après 50 ans. Elle n'est pas héréditaire : elle naît d'une mutation du gène UBA1 acquise au cours de la vie par les cellules souches de la moelle osseuse. Fièvre, atteintes de la peau, des poumons, des cartilages et anémie s'installent, et les traitements actuels restent insuffisants.
Notre équipe a montré, avec le laboratoire d'hématologie moléculaire de Cochin et de nombreux services de médecine interne en France, que les monocytes, cellules sentinelles du sang, sont moins nombreux et épuisés, et que le sang des patients est chargé de signaux d'alarme (IL-1β, IL-18) qui traduisent une activation de l'inflammasome (Nature Communications, 2024). Aussi, notre équipe a montré que les cellules NK, qui détruisent normalement les cellules infectées, perdent elles aussi leur capacité à tuer, et leur diminution est associée au risque d'infection grave (Blood, 2025). Enfin, notre dernier travail, mené avec l'équipe de David Beck à New York, montre que les monocytes porteurs de la mutation meurent d'une mort cellulaire inflammatoire qui entretient la maladie. Bloquer cette mort cellulaire devient donc une piste de traitement (Blood, 2026).

Caractériser l'inflammation dans les artères au cours de l'artérite à cellules géantes

L'artérite à cellules géantes, encore appelée maladie de Horton, est la vascularite la plus fréquente après 50 ans. Elle enflamme les grosses artères, en particulier les artères temporales, et peut faire perdre la vue en quelques jours. Les corticoïdes la contrôlent, au prix d'effets secondaires lourds, et les rechutes sont fréquentes.
On sait depuis longtemps que la paroi de l'artère est envahie par des cellules immunitaires. On sait beaucoup moins lesquelles, où elles se placent dans l'épaisseur de la paroi, et comment elles agissent sur les cellules de l'artère elle-même. C'est ce que nous cherchons à décrire, à partir des biopsies d'artère temporale réalisées au diagnostic. La transcriptomique spatiale mesure l'activité de centaines de gènes dans chaque cellule sans détruire l'architecture du tissu ; l'imagerie multiplexée visualise plusieurs dizaines de protéines sur une même coupe. Nous obtenons ainsi une carte de l'artère malade, cellule par cellule, que nous comparons à celle d'artères saines et au sang des mêmes patients. Repérer les cellules qui entretiennent l'inflammation, c'est désigner les cibles des traitements de demain.
Artérite à cellules géantes : comment l'artère se bouche
Une partie de la gravité de l'artérite à cellules géantes tient au rétrécissement des artères. Ce rétrécissement ne vient pas seulement de l'inflammation : la paroi s'épaissit parce que les cellules musculaires lisses se multiplient et migrent vers l'intérieur du vaisseau.
Nous avons montré que les macrophages présents dans la paroi produisent deux facteurs de croissance, l'amphiréguline et l'HB-EGF, qui activent le récepteur EGFR des cellules musculaires lisses et déclenchent leur prolifération et leur migration. Les médicaments qui bloquent l'EGFR existent déjà en cancérologie, ce qui pourrait accélérer leur évaluation dans cette indication. Ce travail est en cours de publication (prépublication bioRxiv, 2024).

Mutations acquises du sang et artérite à cellules géantes
Avec l'âge, certaines cellules souches du sang accumulent des mutations et se multiplient : c'est l'hématopoïèse clonale, présente chez une personne sur dix après 70 ans. Le VEXAS en est la forme extrême. L'artérite à cellules géantes touchant précisément cette tranche d'âge, nous cherchons à savoir si ces mutations rendent les cellules immunitaires plus agressives envers la paroi artérielle.
Nous recherchons ces mutations dans le sang des patients et nous examinons, sur leurs biopsies d'artère, le comportement des cellules immunitaires grâce à l'imagerie multiplexée, qui visualise plus de trente marqueurs sur une même coupe. Si le lien se confirme, ces mutations pourraient aider à repérer les patients les plus à risque et à choisir leur traitement.

Vascularites à ANCA : protéger le rein
Les vascularites à ANCA (granulomatose avec polyangéite, polyangéite microscopique) attaquent les petits vaisseaux, et en premier lieu ceux du rein. Malgré les traitements, une partie des patients garde une insuffisance rénale.
Nous cherchons à comprendre comment les cellules immunitaires abîment le rein au cours de ces maladies, en associant l'étude d'un modèle expérimental et celle des patients. L'objectif est double : identifier de nouvelles cibles pour protéger le rein, et disposer de marqueurs sanguins qui aident à prévoir l'évolution de la fonction rénale.

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